
Les cochons les plus heureux de Suisse ?
Les cochons du Chasseron, découverts par Bianchi : l’agriculteur Karlen les nourrit de pain, de fromage — et même de chocolat !
Un bon plan secret pour les gourmets. Le Chasseron, avec ses 1 608 mètres, est bien connu des randonneurs dans le Jura vaudois. Les cochons du Chasseron, en revanche, restent plutôt un bon plan secret pour les gourmets. Cette spécialité régionale, distribuée par Bianchi Comestible, figure toutefois sur un nombre croissant de cartes de bons restaurants suisses. Et ce n’est pas sans raison, comme le montre une visite chez l’éleveur.
Les cochons sont des animaux sociables. À Vuiteboeuf (VD), au pied du Chasseron, Romain Karlen élève depuis un an 1 500 de ces cochons. Il s’agit d’animaux des races Duroc, Premo et de lignées apparentées. L’agriculteur en prend soin du mieux qu’il peut. Les animaux semblent visiblement heureux : en groupes d’une vingtaine de congénères, dans des loges propres et confortables, avec des espaces intérieurs et des zones extérieures librement accessibles à tout moment. « Nous essayons de les stresser le moins possible », explique l’éleveur.

Sur 25 hectares de terres, du foin est cultivé pour les cochons du Chasseron.
Sur 25 hectares de terres, du foin est cultivé pour les cochons du Chasseron.
Chauffage au sol inclus. Quelques exemples de la vie sans stress des animaux ? Ils ne sont jamais séparés de leurs compagnons et restent toute leur vie dans la même loge. Ces loges sont même équipées d’un chauffage au sol ! Les enclos sont nettoyés minutieusement chaque matin, et les cochons reçoivent du foin produit sur l’exploitation, sur ses 25 hectares. En cas de forte chaleur, un brumisateur assure un rafraîchissement agréable. Le jeune éleveur va même jusqu’à compléter l’alimentation de ses animaux avec des probiotiques, c’est-à-dire des bactéries de la flore intestinale, afin de soutenir leur digestion. « Cela coûte plus cher, mais ils se sentent mieux », explique l’éleveur de porcs.

L’éleveur et ses cochons heureux.
L’éleveur et ses cochons heureux.

Les cochons sont joueurs et se montrent curieux envers les visiteurs.
Les cochons sont joueurs et se montrent curieux envers les visiteurs.
« Soupe au lait » pour les animaux. Romain Karlen est particulièrement fier de la manière dont il nourrit ses animaux. L’alimentation est d’ailleurs le véritable élément distinctif des cochons du Chasseron : il leur prépare une « soupe », distribuée quatre fois par jour. Les ingrédients ? Au lieu du traditionnel broyat de céréales à base de colza ou de soja industriels, l’éleveur mise sur de « vrais » produits. Les principaux composants sont le pain (y compris des tresses devenues dures !), le petit-lait, complétés selon la saison et les besoins des animaux par des restes de fromage, de la pâte à pizza — ou même du chocolat ! Des cochons nourris au chocolat : cela n’existe sans doute qu’en Suisse.

Les pains invendus sont valorisés en « soupe » pour les cochons de Romain Karlen.
Les pains invendus sont valorisés en « soupe » pour les cochons de Romain Karlen.

Les cochons reçoivent de la tresse & du chocolat qui n’ont pas passé les contrôles qualité.
Les cochons reçoivent de la tresse & du chocolat qui n’ont pas passé les contrôles qualité.
Zéro déchet. Les critiques pourraient faire remarquer qu’il s’agit de gaspillage. Mais pas du tout : cette alimentation à base de « sous-produits » est en réalité une manière astucieuse de valoriser des denrées qui seraient autrement détruites. Le pain provient des surplus du commerce de détail. Romain Karlen en transforme chaque jour environ une tonne. Le petit-lait vient de la filière laitière, le chocolat de lignes de production n’ayant pas satisfait à certains critères de qualité. « En Suisse, nous produisons énormément de déchets lors de la fabrication des aliments — il est logique de les valoriser. Et cet aliment est plus savoureux et meilleur pour les animaux », explique Romain Karlen. Est-il étonnant que ses cochons prennent presque un kilo par jour ? L’effort de l’éleveur est toutefois considérable. Avec le soutien de spécialistes en nutrition, il ajuste trois fois par semaine, sur ordinateur, tous les ingrédients de sa soupe afin d’apporter aux animaux l’ensemble des nutriments nécessaires à une croissance saine — protéines, graisses, fibres. Il pourrait, dit le jeune agriculteur, se simplifier la vie et les nourrir avec des céréales : « Mais acheter du colza ou du soja du Brésil — ce n’est pas pour moi. »

L’équipe Bianchi de Suisse romande en visite chez l’éleveur : Alexandre Sergeat, Romain Karlen, Nico Leininger & Massimo Trazza (de g. à d.).
L’équipe Bianchi de Suisse romande en visite chez l’éleveur : Alexandre Sergeat, Romain Karlen, Nico Leininger & Massimo Trazza (de g. à d.).
Avec le label Naturaplan ! Avec son cahier des charges, l’exploitation de Romain Karlen se positionne dans le segment le plus élevé d’un élevage efficace, mais axé sur la qualité — certifications telles qu’IP Suisse et Naturafarm incluses. La régionalité et la qualité premium accessible ont interpellé Nico Leininger, directeur de Bianchi pour la Suisse romande : « Nous souhaitons approvisionner les hôtes et la restauration collective en viande de porc et de volaille provenant de producteurs locaux », explique-t-il. « L’avantage pour les chefs qui travaillent avec Bianchi : ils accèdent facilement à des produits de haute qualité, appréciés des convives. »

Le chef Philippe Deslarzes, 16 points, est convaincu par le cochon du Chasseron.
Le chef Philippe Deslarzes, 16 points, est convaincu par le cochon du Chasseron.

Sa côte de porc à la nordique, servie simplement avec des pickles de graines de moutarde.
Sa côte de porc à la nordique, servie simplement avec des pickles de graines de moutarde.
Même les chefs stars sont conquis. À titre d’exemple, citons Philippe Deslarzes, du restaurant Njørden à Aubonne (VD), noté 16 points. Dans le bistrot, qui fait également partie du restaurant, ce chef suisse-suédois a inscrit le cochon du Chasseron à la carte — avec une touche résolument nordique : des côtelettes cuites à basse température sont servies avec des graines de moutarde marinées. « Mon produit principal reste bien sûr le poisson, mais j’adore cette viande de porc », confie le chef star. Il rappelle « qu’en Suède, le porc est la viande la plus consommée ». Client fidèle de Bianchi pour les fruits de mer et le poisson, Philippe Deslarzes s’est laissé tenter par pure curiosité par le cochon du Chasseron — et ne l’a pas regretté : « Un produit excellent, avec un rapport qualité-prix remarquable ; je n’ai pas besoin de marchandise étrangère. »
